Arnaud Bouteloup

La photographie comme passion ...

rue

Charlotte et les monstres

Charlotte aux mangas
à Barcelone ...

Regard 8

Regard 8

Regard 5

Regard 5

Ici, le regard est celui de la personne au second plan, même si elle est complètement floue, cette photo pour moi n'existe que par la présence de cette esquisse.

ça me fait penser à un jeu d'enfant : fixer un objet au premier plan et prendre conscience sans le regarder de l'arrière plan. C'est comme ça que j'ai découvert que notre oeil aussi a une problématique de profondeur de champ.

Qui regarde qui ?

Voyage en Tunisie ... le souk, les touristes, les hommes les femmes .... le regard est ici présent partout. jetez un œil à cette image.

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Les regardeurs "officiels" ce sont bien sûr les touristes : ils sont là pour ça, regarder, ou à défaut, voir. Pourtant ils ont le regard vide, comme si pour eux être là ou ailleurs n'avait ps d'importance.

Elle la femme de Tunis, elle n'est pas là pour regarder, elle est là c'est tout. est-ce qu'elle regarde au sol ? est-ce qu'elle baisse les yeux pour éviter mon regard ? vraisemblablement ni l'un ni l'autre, elle regarde en elle. et puis qu'importe !

Lui au fond, c'est bien le seul vrai regardeur : il m'a vu est il m'observe. est-ce que je suis pour lui un chaland client potentiel ? est-ce qu'il me surveille ? est-il satisfait ? il n'a pas l'air.

Que de clichés possibles sur cette image.

On imagine les rôles bien conventionnels : la femme arabe discrète, l'homme vigilant et les touristes qui vaquent, vaguement pas vraiment là.

Rien de tout cela n'est vrai sans doute, ou alors si peu. Ils sont là et c'est tout, la caméra les a figés dans cette situation.

En fait, c'est mon regard qui doit être analysé. encore maintenant, je ne peux pas dire honnêtement ce que j'ai voulu précisément prendre en photo. Sans doute j'ai cherché le seul regard qu'on ne voit pas, celui de la femme aux yeux baissés.La mise au point le montre bien, c'est la que la photo s'est réglée.

Derrière elle ces deux occidentaux. à la prise de vue ils ne sont que le décor. Quel paradoxe, le décor de cet endroit c'est ce qui n'y a pas sa place !

L'homme du fond, je suis certain que je ne l'avais pas vu. Et pourtant sans lui la photo n'aurai aucun intérêt.

Et si la photo révélait que ce couple de blancs n'en est pas un légitime ? il y aurait un décalage immédiat du sens de la photo. Bref, tout peut se dire.

Vieilles réminiscences de l'instant décisif ? un peu ...

En tout cas, j'aime cette photo parce qu'il y a une densité de la présence humaine. Aussi parce qu'elle contient tant de choses que j'ai découvertes après coup. Elle permet de se raconter des histoires.

Moralité : il faut faire des photos, et il faut bien les regarder après et les apprivoiser.

Et puis pour les grincheux qui trouveront que les cheveux de la femme blonde sont totalement surexposés, ils ont raison, mais on s'en fiche !

Vu aux halles le lendemain de la mort de Mesrine

Vengeons Mesrine Photo prise le 3 novembre 1979 sur les palissades de chantier qui entouraient le trou des halles.

On a tant dit sur cette mort et sur ce personnage ... et ça continuera. En tout cas, il était cocasse de voir que dés le lendemain, quelqu'un s'en est emparé pour interpeller la société.

Ce personnage qui passe la représente. il passe en jetant un regard furtif. Il a une serviette sous le bras, il rentre du travail ? Qu'est-ce qu'il pense ? impossible à dire, en tout cas il est comme une ombre, ni présent ni absent. Son regard fait-il le poids face à celui que projette l'auteur de ce texte. On suppose que c'est un jeune.

Qu'est-il devenu 30 ans après ? que penserait-il une fois devenu lui aussi une ombre ?