Arnaud Bouteloup Photographe

La chimère

La chimère

La porte s’est refermée.

C’est fini, il ne reviendra pas,
il n’a pas voulu garder la clef.

Ici, dans cette cabane, on travaillait.

La mer, tout près en face,
ne nourrit plus le pêcheur.
Alors à quoi bon la montrer ?
Seul un vieux ciré qui pend là
évoque ce passé qui n’est plus,
invisible pour les passantes indifférentes.

Ici on vivait.

Ecoutons le murmure délicat
de ces fins de journée apaisées
par la douceur du bleu
de ce décor immobile.
Imaginons les échos des conversations
qu’ont entendues ces chaises émouvantes.

Ne soyons pas nostalgiques au spectacle de cet abandon. Il y a ici comme la marque d’un poète dont je me plais à imaginer que son âme encore enfantine survit dans cette étrange chimère de plastique dont la lumière se joue.

à Mèze avril 2012

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